Coriandre ou savon ?

perso je ne choisis pas

Un midi entre deux illustrations ou deux tunnel de slides à préparer, nous nous retrouvons Guillaume et moi attablés devant des tacos, le tout dans une ambiance mexicaine détonnant franchement avec le paysage de rue mi sloche mi congères.
Première bouchée : le doux gras et la sauce piquante sont parfaitement balancés par la juste quantité de coriandre. Me voilà partie dans un rêve d’herbes fraîches au goût inimitable, sur le marché de Phnom Penh, dans les cantines asiat de la rue au maire, dans les banh mi de Berri Uqam, dans la chorba, de l’herbe qui habille le bœuf grillé et les feuilles de riz. Pour moi, la coriandre, c’est ce que la nature a trouvé de mieux pour contrebalancer le gras, c’est le parfait allié de l’acide, le compagnon de chambrée du piment, c’est du frais et goûtu, bref, du paradis en touffes.

Ca sent bon, ça fleure. Il faut dire, j’ai le nez sensible. Désorientée ; c’est le mot pour me qualifier lorsque j’ai le nez pris. Il m’est arrivé une fois d’acheter, enrhumée, un bouquet de persil à la place d’un bouquet de coriandre et ainsi de me rouler en position fœtale dans la cuisine.

Mais alors, pourquoi cette herbe à laquelle je voue un culte avouable est-elle également la plus vilipendée par les gourmets et autres mangeurs ? Des groupes facebook ( I HATE CILANTRO, plus de 20.000 membres ) ou des top buzzfeed en sont grêlés : l’aversion pour la coriandre est partout. Le persil quant à lui ne regroupe que 117 haters de facebook, et AUCUN groupe n’est dédié à la haine de la ciboulette.

De la part des adorateurs (mettons, moi), la coriandre hérite de qualificatifs évoquant la fraîcheur, le côté citronné ou presque, le tonique. Du côté de ses détracteurs, elle est décrite comme torchon sale, goût de savon, odeur de punaise, de moisi, de sale. On parle de véritable aversion lorsque, lors d’une exposition répétée à un même aliment, pas au même moment, le sujet maintient un dégoût certain pour ledit aliment.

Ce n’est pas un complot mais un simple clivage, une aversion qui pourrait en partie être expliquée par la génétique. Je vous en prie, allez donc lire ceci – bon, une Master Thesis de l’université de Toronto – si le cœur vous en dit. Ou bien des articles à valeur un tantinet moins scientifique pour vous en persuader aussi rapidement que passent les vidéos informatives actuelles.
En très résumé, l’expression ou non d’un certain allèle d’un gène du chromosome 14 rend la perception de la coriandre agréable ou non. La population testée (543 personnes) et porteuse des deux allèles du kiff (donc un allèle du kiff + un allèle du kiff sur ses deux versions du chromosome 14) déteste à 0% la coriandre.

Comme quoi, je me pensais poétique, Proustesque avec mes madeleines herbacées, mais non, ma génétique a probablement décidé pour moi que je prends ce bouquet d’herbes pour ce qu’il est et non pour des punaises écrasées dans un torchon sale imbibé de liquide vaisselle.
J’y pense et puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie, je termine mes tacos au chorizo – longe de porc – sauce piquante et buisson de coriandre repue, satisfaite, pensant à la prochaine occasion de m’en recoller plein les babines.

Et toi, tu fais partie de quelle équipe ? #CoriandreTatouéeSurLesFesses #CoriandreCeDémonHerbeux ?

En bonus, les conneries qu’on trouve sur wikipedia. Bon appétit !
 » Au Ier siècle, Dioscoride conseillait de boire du vin mêlé à de la coriandre pour favoriser la production de sperme « 



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