montréal

Winter Wonderland

5h45 – le réveil est Attila sur un champ de bataille vierge.
Le thermostat dans la chambre est réglé trop haut, mes cheveux collent à mon front et des gouttes perlent dans ma nuque. Un rapide coup de demi-oeil pas prêt à s’ouvrir au-dehors : 15 cm de tombés cette nuit. Encore trop peu pour avoir l’angoisse du balcon qui s’écroule.

Café brûlant, douche dans le même thème, vêtements techniques (des couches fines en mérinos quoi), j’emmagasine avant de lutter contre ce que la météo annonce au-dehors. Un joli -17°C pour mes 10 minutes de marche jusqu’au métro.
En attendant, je fonctionne au radar dans l’appart, heurtant les portes et négligeant le fond de jus de pommes qui deviendra du vinaigre d’ici la fin du mois. La joie de fouler un sol molletonné s’effectue essentiellement en chaussures doublées de laine, un manteau « zone de confort -30°C » et un bonnet à pompom. Je m’exécute alors, les yeux ouverts que parce qu’ils sont naturellement gros.

6h21, je claque la porte vers un monde meilleur : l’extérieur. L’air pique le visage et les cuisses quasi instantanément. La neige fraîche fait crounch crounch, mes yeux font crrr crrr, et les oiseaux ferment leur clapet parce qu’ils sont partis se lustrer la plume sous de meilleures latitudes.
Le parcours jusqu’au métro est semé d’embûches : des branches (en fait la MÊME branche) que je me prends dans le visage (TOUS LES JOURS) parce que j’oublie où elle se trouve dans la nuit, les plaques de glaces de pute qui provoquent des mini crises cardiaques à chaque fois que le pied y glisse, et cette habitude désormais d’attendre que le feu piéton passe au vert pour traverser. Rappelons-le, il est 6h23, il n’y a personne dans la rue.

Après 10 minutes à marcher comme une personne fraîchement opérée de la hanche, l’ultime épreuve. Lutter contre le blizzard provoqué par l’ouverture de la porte battante de la station de métro. Ce genre de bourrasque qui te fait douter à la fois de tes biceps et de l’élastique de ton bonnet.
Je parviens sur le quai à la seconde où le métro s’en va, 10 minutes avant le prochain, ça me rappelle la ligne 10 du métro parisien quand je terminais de bosser à 21h.

Lorsque la rame suivante arrive, je comprends que le monde n’était pas dans la rue pour une raison : il était dans le métro. Je m’abstiendrai encore quelques mois de spa, pour cela, j’ai le métro Montréalais.

Quelques heures de travail plus tard, l’appel de la bière / du chocolat chaud (c’est selon) se fait sentir. Avant de retrouver le doux confort appartemental, je passe à l’épicerie – rebelote de vent dans la face. Les plaques de glaces alternent avec les portions de trottoir déneigés parsemés de gravillons traîtres (RIP ton parquet après ça..). Le tapis de l’entrée du commerce est un pédiluve.
Les bras chargés de victuailles, je reprends le chemin de la maison, sans crainte que mes denrées ne prennent chaud dans le transport.

Putain, j’ai oublié mes clefs.

Ma vessie se réveille, je râle intérieurement, laisse mes courses au voisin et m’embarque sur un aller-retour en centre-ville pour récupérer celles de Guillaume.
Aaaah l’hiver. En vrai, j’aime bien. En dehors des cheveux gras à cause du bonnet, de la goutte au nez qui gèle et des crevasses dans les mains, c’est joli. Love from winter wonderland.

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