Dimanche Déprime Bouffe

7h49 le dimanche : ton visage te semble parcouru de veines de béton, ton haleine éthylique t’enivre,  tu as des courbatures dans les omoplates. Tu émerges trop tôt, mais voilà, ton corps te répète les levers de la semaine, il ne veut plus dormir, même si tout crie à tes membres las qu’ils ont le temps de se remettre, vas-y, steuplait.

brunch1

8h12 ; tu es déjà résigné(e) à ouvrir tes paupières, et, jetant un coup d’œil à la personne écroulée à côté de toi, laissant filtrer des filets d’air à la musicalité douteuse, tu te dis que tu en as pour longtemps à rester seul(e) avec ton réveil trop matinal.

8h17 ; c’est foutu, les réseaux sociaux dégueulent déjà d’amis motivés partis randonner dès potron-minet , de livres à avoir lus, de films à avoir vus, et les suggestions ciblées t’enjoignent à consommer de la fringue d’été quand il fait moins quinze, c’est déprimant.

8h45 : « JE VAIS COURIR » te dis-tu, candide.

8h46 : Eh non ! Tu as un trou dans ton fut, tes running sont dans le placard qui fait bien trop de bruit quand tu l’ouvres et tu ne veux pas risquer de réveiller la personne pas-trop-du-matin à côté de toi, courir avec de l’alcool dans le sang c’est bof, faudrait pas forcer sur les muscles étirés par l’ostéo vendredi, il y a encore de la glace partout dans le parc ce serait con de se casser la gueule. Le dimanche, ce n’est fait que pour une seule chose.

brunch2.jpg

(et travailler aussi, pour beaucoup, mais disons que ce dimanche est chômé, non ?)

 

A Montréal, ce ne sont pas les endroits où bruncher qui manquent : ils poussent, foisonnent, mettent la clé sous la porte pour ouvrir un nouvel établissement dans la demi-seconde qui suit.
Ces options toujours plus nombreuses mettent en exergue un point positif de la compétition entre établissements : ces brunch sont créatifs et peu onéreux (par rapport à un brunch parisien s’entend, #monpointdecomparaison). Oui, c’est un point de vue d’expat française qui vit sur le plateau, voilà. C’est donc perçu avec un prisme de cliché gentrifié, d’amour pour les mélanges d’odeur de café, d’endroits à carreaux blancs, tuyaux métallique, d’observation sociale, de bouffe surprenante. C’est toutes ces raisons qui font que, lorsqu’elles sont appréciées, bruncher à Montréal est une excellente idée.

Pourquoi je préfère ici à Paris ?

  1. Parce que c’est varié

La formule classique de Paris, ce serait : viennoiseries, confitures, bon pain, puis oeufs accompagnés de mets salés, salades, et fruits frais. Le brunch il est vrai se décline de plus en plus sous l’audace de certains chefs afin de chercher l’originalité, mais le brunch moyen aura plutôt tendance à se vivre classique, comme un repas codifié.

 

brunch6

 

Ici, la formule classique comprend des oeufs, des pommes de terre, des pancakes, du sirop d’érable, du bacon… Mais ne demande qu’à varier toutes les semaines ! Des assiettes gargantuesques à la food fusion minimaliste, les menus brunch affichent des cartes changeantes, et pas toujours autour de ces sacro-saints éléments. Il n’est pas rare d’y trouver du poulpe, de la joue de boeuf, des endives, des légumes de saison sublimés, des spécialités maison, tout ça sous l’appellation « brunch ».
Montréal est également connue pour son offre généreuse en terme de restaurants végétariens ou vegan, ce qui permet d’explorer facilement une autre manière de s’alimenter.

brunch4

2. Parce que c’est moins cher

Voilà.

3. Parce que la tise y est démocratisée

Ca arrive aussi à Paris, mais c’est tout de même moins évident de siroter son jaja quand tes potes sont à l’espresso.

On y boit classiquement du Mimosa (champagne – ou mousseux – + jus d’orange) ou du Bloody Caesar (presque un Bloody Mary, mais avec du Clamato au lieu du jus de tomate simple) et leurs variantes. Ca ne fait pas mal au crâne, et comme c’est socialement accepté, un ptit drink du dimanche midi ça fait passer la balade digestive par moins dix degrés.

4. Parce que c’est plus près de chez moi

Mais ça c’est juste parce que j’habite dans un quartier plus cool à Montréal que quand j’étais à Paris 14. Pas besoin de prendre le métro pour manger des oeufs bénédictine avec du saumon et des câpres.

brunch5

5. Parce que tout le monde le fait

brunchouille

Pas que des hispters de la trentaine, non, tout le monde. Des enfants, des personnes âgées, tout le monde.

 

Merci, bonjour, allez manger !

brunch3